Haïti-justice : Bras de fer entre l’Exécutif et le Judiciaire : les magistrats poursuivent leur grève

Le Judiciaire
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Les associations de magistrats qui observent un arrêt de travail depuis le 15 février dernier maintiennent leur mot d'ordre de grève illimitée. Alors que les justiciables souffrent de la paralysie de l’appareil judiciaire, le président de l'Association Nationale des Magistrats Haïtiens (ANAMAH), le juge Jean Wilner Morin laisse entendre que la grève sera levée si l'Exécutif revient sur les décisions prises pour mettre à la retraite puis remplacer des juges de la Cour de Cassation.

 

Les responsables des associations de magistrats dont l’ANAMAH et le RENAMAH (Réseau National des Magistrats Haïtien), soutiennent que ce nouvel arrêt de travail s’inscrit dans le cadre de leurs combats pour le respect de l'indépendance de la Justice. Me Jean Wilner Morin, maintient que les magistrats sont formels sur leur position et n’entendent pas lâcher du lest sans que l’Exécutif ne donne pas suite à leur demande.

 

Pour signifier l’intransigeance des juges, Me Morin se félicite d’avoir reçu le support du président du Conseil Supérieur du Pouvoir, le juge René Sylvestre, également président de la Cour de Cassation, qui dans son discours le 8 Mars en honorant certaines femmes juges à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, a plaidé pour une Justice forte et indépendante.

 

Quoique depuis plus d'un mois, les justiciables ne peuvent avoir accès à la justice, un droit fondamental, le Juge estime que l'Exécutif a toutes les cartes en mains pour mettre fin à ce bras de fer entre les deux pouvoirs.

 

Depuis le 15 février les motifs restent inchangés : le retrait des deux arrêtés ainsi que la réintégration du greffier Christophe Lespérance à son poste. « Nous sommes prêts à lever la grève une fois que des mesures ont été prises en ce sens », a précisé le juge Morin qui donne la garantie du retour des juges à leurs sièges que les juges une fois leurs revendications satisfaites. Sinon, l’arrêt de travail reste illimité.

 

Dommage collatéral

 

Sachant que l’appareil judiciaire n’est pas composé seulement de magistrats, cette grève n’est pas favorable aux autres acteurs du système dont les avocats. Alors que certains d’entre eux déplorent de grosses pertes économiques, le juge Ikenson Edumé du Réseau National des Magistrats Haïtiens, s’adresse à eux. Il les appelle à faire preuve de compréhension.

 

Contestant la décision de l’Exécutif qui a remplacé des juges de la Cour de Cassation et mis en disponibilité un greffier, les magistrats ont entamé un énième arrêt de travail qui fragilise davantage le fonctionnement d’une Justice déjà moribonde.

Si certains estiment que la réaction des magistrats met l’appareil judiciaire en mauvaise posture, le juge Jean Wilner Morin soutient que rien ne marchait avant la grève qui a débuté le mois dernier et souligne que ceux qui fréquentent régulièrement le palais de Justice de Port-au-Prince ont toujours fait face à de nombreuses difficultés en raison des exactions des bandits armés au Bicentenaire.

 

Marvens Pierre

 

 

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