Haïti-Droits humains : Le RNDDH attire l'attention sur les centres de rétention et de détention

Le Judiciaire
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Dans un rapport publié lundi le réseau national de défense des droits humains(RNDDH) attire l'attention des autorités judiciaires et l'institution policière sur le mauvais fonctionnement des centres de rétention et de détention dans le pays. Ce document prend en compte également les conditions de travail des policiers durant la période de janvier à mars 2018.

Au cours de cette période, le RNDDH a visité 21 commissariats et sous-commissariats. "A plusieurs égards le fonctionnement de ces institutions s'est révélé alarmant" écrit les rapporteurs de l'organisation de droits humains. Ce rapport souligne que ces visites de monitoring ont permis au RNDDH de se pencher également sur les conditions de travail des policiers. 

Les premiers constats sont navrants. "Les bâtiments accueillant le Commissariat de la Croix des bouquets est délabré et son effondrement est imminent...Les retenus font leurs besoins à même le sol'' relève les rapporteurs.

"Cet état de fait a été dénoncé à plusieurs reprises par le RNDDH. Cependant, à date, rien n’est fait pour résoudre ce problème" regrette l'institution de droits humains.

La situation n'est pas différente au sous commissariat de St Médard où les toilettes ne fonctionnent pas depuis environ 2 ans. La fosse ayant été détruite par un arbre. "Aujourd’hui, pour les dix-sept (17) agents affectés à ce poste de police, il n’y a qu’un véhicule disponible" souligne le RNDDH.

En plus du manque de matériels de fonctionnement, les agents de la PNH ont soulevé le manque d’opportunité de carrière au sein de l’institution policière pendant la visite des agents du RNDDH. En effet, plus de 60 % des policiers rencontrés s’estiment victimes d’une politique de deux poids deux mesures appliquée au sein de l'institution policière.

Le rapport relève dangereusement que depuis les événements violents et sanglants de 2004 ayant alors conduit au départ du président Jean Bertrand ARISTIDE, la prison civile de Petit-Goâve a été désaffectée. Le sous-commissariat de Borne Soldat et le Commissariat de la ville ont été convertis en prison. Ce centre de détention reçoit les mineurs et les femmes en conflits avec la loi.

"La majorité des retenus de ce sous-commissariat présentent de graves maladies de la peau" constate les agents du RNDDH. Le commissariat de Petit-Goâve pour sa part compte deux (2) petites cellules non aérées, sales, nauséabondes et non éclairées.

Dans la commune de Port Margot, le rapport du RNDDH indique que la situation sécuritaire de la commune de Port-Margot est très précaire, livrée à elle-même après les incidents regrettables de 2013 où la population avait incendié le sous commissariat.

"L’appareil judiciaire ne dispose d’aucune force répressive pouvant l’aider à mettre de l’ordre dans la communauté" cosntate les rapporteurs du RNDDH.

HPN 

 

 

 

 

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