Zimbabwe : Décès de Robert Mugabe, un héros devenu dictateur

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L’ancien président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort à Singapour à l’âge de 95 ans, a-t-on appris ce vendredi 6 septembre. Héros de l’indépendance, il restera aussi dans l’histoire comme un dictateur ayant conduit son pays à la ruine.   

 

“Mugabe est mort”, titre le site New Zimbabwe, disant relayer une annonce faite sur la radio d’État tôt à l’aube vendredi 6 septembre. L’ancien président était soigné depuis plusieurs semaines à Singapour “pour différents maux”, dont “un cancer de la prostate et une cataracte”.

 

“Ardent chef de guérilla devenu le premier Premier ministre noir du Zimbabwe en 1980, Mugabe a dirigé le Zimbabwe d’une main de fer pendant près de 40 ans avant d’être renversé en novembre 2017 par un coup d’État sans effusion de sang quelques semaines après avoir limogé Emmerson Mnangagwa, son adjoint de longue date”, résume ce site.

 

À la tête aujourd’hui du pays, Ce même Emmerson Mnangagwa a rendu public vendredi un communiqué, cité par The Guardian, dans lequel il rend hommage à “une icône de la libération, un pan-Africaniste qui a dédié sa vie à l’émancipation de son peuple. Sa contribution à l’histoire de notre nation et de notre continent ne sera jamais oubliée.”

 

Robert Mugabe, arrivé au pouvoir au Zimbabwe en 1980, est un homme aux nombreux visages : marxiste-léniniste idéaliste dans sa jeunesse, prisonnier politique, combattant pour la liberté, figure encensée du nationalisme panafricain et impitoyable dictateur vieillissant aux ambitions réformistes, enraciné dans la corruption et la vulgarité.

Pourtant, aux yeux de ses nombreux critiques et de l’Occident, qui lui reprochent le chaos économique et la répression politique de ces dernières années, Mugabe n’a qu’une seule dimension. Il incarne l’échec et l’abus de pouvoir.

La vérité n’est pas si manichéenne. Après que le Zimbabwe a obtenu son indépendance du Royaume-Uni [en 1980], l’ascension de Mugabe n’était pas courue d’avance. Joshua Nkomo, dirigeant de l’Union du peuple africain du Zimbabwe (Zapu), a vigoureusement défié la domination de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (Zanu) de Mugabe.

Les deux hommes peuvent se targuer d’un parcours révolutionnaire impeccable, mais ils sont très différents. Nkomo était l’incarnation du dirigeant africain plus grand que nature – expansif, instable et charismatique. De son côté, Mugabe, soigné et svelte, était plus intellectuel – rusé, calculateur et vaniteux.

 

Pendant la guerre du bush [de 1972 à 1979] contre le régime illégal [ségrégationniste blanc] d’Ian Smith en Rhodésie du Sud [ancien nom du Zimbabwe], Mugabe est soutenu par la Chine, et Nkomo par l’Union soviétique. Mais c’est une division tribale qui est décisive : Nkomo appartenait au groupe des Ndébélés, originaires du Matabeleland [dans l’ouest et sud-ouest du pays] et ennemis historiques du groupe majoritaire de Mugabe, les Shonas.

Source : Courrier International

 

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