Les propos "racistes" de Donald Trump choquent jusque dans son propre camp

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Des élues démocrates ont été attaquées par Donald Trump dans une série de tweets xénophobes. Des propos condamnés par le camp républicain. La Chambre des représentants a réagi mardi en adoptant une motion condamnant les propos présidentiels.

Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan), les quatre élues démocrates issues de minorités attaquées par Donald Trump dans une série de tweets xénophobes ont répondu lundi 15 juillet au président américain lors d'une conférence de presse commune.

 

"On ne nous fera pas taire", a affirmé l'élue afro-américaine Ayanna Pressley, tout en appelant les Américains à "ne pas mordre à l'hameçon" et se laisser prendre par cette surenchère visant d'abord selon elle à détourner l'attention des problèmes touchant la population.

 

"Nous avons le choix : nous pouvons continuer de laisser ses pouvoirs à ce président et parler de toutes les ordures qui sortent de sa bouche, ou bien nous pouvons le porter responsable de ses délits (...) Il est temps pour nous d’arrêter ce président qui se moque de notre Constitution. Il est temps pour nous de destituer ce président", a poursuivi Ilhan Omar, première femme musulmane élue au Congrès américain avec Rashida Tlaib.

 

Et elles ne sont pas les seules à s'offusquer de tels propos. La Chambre des représentants du Congrès américain, à majorité démocrate, a adopté mardi une motion condamnant "fermement les commentaires racistes" de Donald Trump. Elle regrette que ces paroles "légitiment et accentuent la peur et la haine des nouveaux Américains et des personnes de couleur", déclare le texte, pour lequel ont également voté quatre élus républicains. La mesure, qui n'a pas force de loi, est symbolique et vise à faire honte au président américain et à ses pairs du parti républicain qui l'ont soutenu.

 

Trump assume ses propos

 

La veille, Donald Trump avait appelé les élues démocrates à retourner dans "ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent". Trois d'entre elles sont nées aux États-Unis.

À l'approche de la présidentielle de novembre 2020, le milliardaire semble plus déterminé que jamais à souffler sur les braises des tensions raciales pour galvaniser sa base électorale - très majoritairement blanche -, mais aussi à alimenter les divisions chez ses adversaires politiques.

Le président américain a persisté lundi dans ses attaques, accusant les quatre élues de "haïr" l'Amérique. "Si vous n'êtes pas heureuses ici, vous pouvez partir !", a-t-il lancé depuis les jardins de la Maison Blanche.

 

"Est-ce que cela vous dérange que nombre de gens trouvent vos tweets racistes ?", a demandé lundi un journaliste à Donald Trump. "Cela ne me dérange pas car beaucoup de gens sont d'accord avec moi", a-t-il répondu.

Indignation jusqu'au camp républicain

Rompant avec le silence initial des élus républicains, la sénatrice du Maine Susan Collins a appelé le président milliardaire à revenir sur ses propos. "Le tweet du président dans lequel il disait que des élues du Congrès devraient retourner ‘d'où elles viennent’ était totalement déplacé et devrait être retiré", a-t-elle déclaré.

Peu après, le sénateur noir républicain de Caroline du Sud Tim Scott lui a emboîté le pas, dénonçant des propos à "connotation raciste (...) inacceptables". Mitt Romney, ancien candidat du "Grand Old Party" à la Maison Blanche, a qualifié les propos du président de "destructeurs et dégradants".

Dans le camp démocrate, les messages présidentiels ont également suscité une avalanche de réactions outrées.

"Un calcul froid et cynique"

La stratégie politique du locataire de la Maison Blanche est claire : enfoncer des coins dans la famille démocrate, traversée de tensions. Le président américain cible sciemment quatre jeunes élues du Congrès qui se situent sur l'aile gauche du parti et dont les désaccords avec Nancy Pelosi alimentent régulièrement la chronique à Washington.

"Avec cette sortie délibérément raciste, Donald Trump cherche à rendre les personnes ciblées plus visibles, à pousser les démocrates à les défendre et à en faire des emblèmes du parti tout entier", a estimé David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama. "C'est un calcul froid et cynique."

Quelques heures plus tard, Donald Trump validait point par point cette analyse en expliquant dans un tweet que les démocrates avaient essayé de prendre leurs distances avec les quatre élues, mais étaient "désormais contraints de les défendre".

"Cela signifie qu'ils soutiennent le socialisme, la haine d'Israël et des États-Unis !", a-t-il conclu.

Source : AFP

France 24

 

 
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