Dans une note en date du mardi 16 janvier, rendue publique le jeudi 18, le Sénat de la République a dénoncé et condamné les "propos xénophobes" tenus par le Président des Etats-Unis, Donald Trump. La déclaration du sénat haïtien est soutenue par toutes  les tendances politiques représentées au grand corps.

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128 pays membres des Nations-Unies ont rejeté la décision américaine de faire de Jérusalem la capitale de l'Ettat hébreu, lors d'un vote historique ce jeudi aux Nations-Unies où Haiti a choisi l'abstention, a appris Haiti Press Network.

La diplomatie haïtienne a choisi la prudence lors de ce vote  alors que l'administration du président Donald Trump menaçait de représailles économiques les pays qui voteraient contre la décision.

Au total 35 pays se sont abstenus par lesquels le Canada, le Mexique, l'Argentine, la Jamaique, la République Dominicaine, L'Australie, Le Cameroun, La Croatie, la Colombie et les Bahamas, ainsi que Antigua et Barbuda .

La Résolution présentée par le Yemen et la Turquie a condamné la décision américaine de déplacer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.

"L'Organisation des Nations Unies et le Secrétariat de la CARICOM ont organisé, les 20 et 21 novembre 2017, au siege de l'ONU, à New York, une conférence de haut niveau des donateurs pour les Caraibes, dont plusieurs Etats ont été ravagés au mois de septembre dernier par les ouragans  Irma et Maria. De loin, Antigua et Barbuda et la Dominique ont été particulièrement affectés. Les dommages subis par ces deux pays sont estimés par l'ONU à 1.1  milliard de dollars et les pertes économiques à 400 millions de dollars. A la conférence des donateurs, Haïti a annoncé des soutiens financiers à ces deux pays de la région. Le Représentant Permanent d’Haïti auprès de l'ONU, l'Ambassadeur Denis Régis, s'y est exprimé au nom du Gouvernement de la République d’Haïti. HPN publie in extenso l'intervention du diplomate haitien.
 
 

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général de la CARICOM, Madame la Directrice régionale du PNUD, Excellences, Mesdames, Messieurs,

1. Je voudrais, tout d’abord, au nom du Gouvernement de la République d’Haïti, remercier le Directeur exécutif du PNUD et le Secrétaire général de la CARICOM d’avoir pris l’initiative de cette Conférence de haut niveau destinée à canaliser vers des actions concrètes l’élan de solidarité internationale envers les pays de la Caraïbe dans le sillage des récents cyclones Irma et Maria. Je tiens à saluer la présence du Secrétaire général des Nations Unies, ainsi que celle des représentants de différentes institutions du système des Nations Unies. Elle témoigne à coup sur de l’intérêt particulier qu’ils portent aux travaux et aux conclusions de cette conférence.

2. La saison des ouragans 2017 restera sans doute dans les annales comme l’une des plus violentes, l’une des plus catastrophiques jamais enregistrées dans la région. Les chiffres fournis dans la Note conceptuelle établie par la CARICOM, ainsi que les différents exposés qui nous ont été présentés, sont à cet égard éloquents. Ils donnent toute la mesure de la tragédie qui a frappé la région et de ses séquelles. Plusieurs Etats membres de la CARICOM en ont fait cruellement les frais, en particulier Antigua-et-Barbuda et la Dominique, Saint-Kitts-Et-Nevis, Sainte-Lucie, les Bahamas, Haïti, sans oublier les Etats ou territoires voisins, Anguilla, Cuba, la République dominicaine, Porto-Rico, les Iles Turques-et Caïques, les Iles Vierges américaines, les Iles Vierges britanniques, les territoires néerlandais.

3.

Les dévastations causées sont d’une ampleur rarement égalée :

Des pertes élevées en vies humaines

-
de nourriture, d’électricité.

- -

Des milliers d’enfants affectés

Des dommages incalculables causés aux infrastructures critiques (hôpitaux, réseaux routiers et électriques, ports et aéroports, bâtiments publics).

Des dizaines de milliers de personnes déplacées ou sans abri, des foyers privés d’eau,

4.
difficultés, tous ont du mal à se relever et à se reconstruire, tant les besoins sont urgents, la tache de réhabilitation immense et les moyens limités.

Bien que touchés à des degrés divers, tous les pays demeurent confrontés aux mêmes

5. La République d’Haïti, pour avoir été au fil des dix dernières années touchée de plein fouet par toute une série de catastrophes naturelles meurtrières dont le séisme sans précédent de janvier 2010 et divers ouragans de catégorie 4 – sait d’expérience la multiplicité des obstacles auxquels se heurtent la reconstruction et la remise en état des infrastructures essentielles, en particulier dans des pays comme les nôtres ou les handicaps structurels sont légion et ou la capacité d’investissement public est si précaire.

6. Pour les pays de la CARICOM, le défi est double. D’une part, il s’agit de fournir une aide immédiate aux victimes et aux populations et régions affectées et de remettre en état de fonctionnement les infrastructures, qui, rappelons-le, ont été affectées à hauteur de 90 à 95% dans certains cas. D’autre part, étant donné la fréquence et l’intensité accrues des intempéries qui sévissent dans les Caraïbes, il s’avère impérieux d’accroitre la résilience à long terme et de permettre aux pays de la région de mieux faire face à des phénomènes d’une telle magnitude.

7. Cette situation exige donc une réponse rapide et substantielle de la part de la communauté internationale. Elle commande une action déterminée, qui permet non seulement de répondre adéquatement à la détresse actuelle des populations sinistrées, mais aussi de s’attaquer aux besoins de reconstruction à plus long terme grâce à des investissements soutenus, indispensables à la transformation économique des pays concernés, au renforcement de leur infrastructure économique et sociale, à l’éradication de la pauvreté.

8. Enfin, l’extrême vulnérabilité des pays de la région, aggravée de surcroit par l’impact du changement climatique, souligne la nécessité de l’adaptation et d’interventions aptes à renforcer la résilience des populations et des communautés face aux chocs et stress climatiques. Elle souligne aussi, s’il en était encore besoin, à quel point le respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le changement climatique et essentiel.

9. La République d’Haïti joint donc sa voix à celle de tous ceux qui souhaitent l’adoption d’un plan d’action global en faveur des petits Etats insulaires en développement touchés par les ouragans et/ou susceptibles de l’être dans le futur. Elle souhaite ardemment que cette Conférence de haut niveau débouche sur une mobilisation internationale accrue qui permette d’aller au-delà de la simple réponse immédiate en favorisant des investissements d’envergure qui puissent réduire les vulnérabilités inhérentes des pays de la Caraïbe et atténuer, à terme, l’impact de tels phénomènes.

10. Dans l’optique de la reconstruction, l’accès élargi des pays de la Caraïbe aux mécanismes de financement concessionnel représente incontestablement l’un des outils privilégiés à prendre en ligne de compte, comme le recommande très judicieusement la Note conceptuelle de la CARICOM. La République d’Haïti apporte son plein appui à cette proposition.

11. En outre, donnant suite au récent appel lancé par les pays de la CARICOM, j’ai l’honneur d’annoncer que le Gouvernement haïtien, en dépit de la situation économique et financière difficile du pays, mais pleinement partie prenante de l’élan de solidarité internationale, est heureux d’apporter des contributions de DEUX CENT CINQUANTE MILLE DOLLARS US à l’effort de reconstruction entrepris

par chacune des deux nations-sœurs d’Antigua-et-Barbuda et de la Dominique, si durement éprouvées par les ouragans Irma et Maria.

12. Par ailleurs, dès le mois d’octobre 2017, le Gouvernement haïtien a décidé d’octroyer au peuple frère des Iles Turques-et-Caïques, dramatiquement affecté, une aide d’urgence constituée d’articles de première nécessité et de matériaux de construction. Les Iles Turques-et-Caïques, situées à moins de 200 kms d’Haïti, ont subi des dégâts majeurs qui y ont paralysé l’activité économique et jeté la population dans une situation de vulnérabilité sans précédent.

13. Ces contributions, certes modestes, se veulent néanmoins un témoignage d’amitié et de fraternité, dans la tradition d’entraide mutuelle et de solidarité régionale de la Communauté des Caraïbes, et dans l’esprit de la coopération internationale qui est à la base des efforts que déploient les Nations Unies pour «résoudre les problèmes d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire» auxquels est confrontée la planète, comme le dit si bien la Charte de notre Organisation.

Je vous remercie.

Le Représentant Permanent d'Haïti auprès des Nations Unies,  l'Ambassadeur Denis Régis,  est intervenu le 20 avril 2017 à la 7929e séance du Conseil de sécurité de l'ONU au "débat public sur la situation au Moyen Orient,  y compris la question palestinienne". HPN  publie dans son intégralité l'intervention du diplomate haïtien. 

Madame la Présidente du Conseil,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

1- Qu’il me soit permis, au nom du Gouvernement haïtien, de féliciter le Conseil de sécurité d’avoir pris l’initiative de ce débat ouvert, qui fait écho au sentiment d’urgence que suscite la situation existant actuellement au Moyen-Orient.  J’ai noté avec le plus haut intérêt les thèmes abordés dans la Note conceptuelle de la présidence américaine du Conseil pour ce mois d’avril, ainsi que les points de vue fort pertinents soulevés par le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Monsieur Nickolay Mladenov, et les intervenants qui m’ont précédé.

Madame la Présidente,

2- D’un sommet à l’autre, d’une conférence à l’autre, les appels à l’action s’élèvent de partout pour que soit imprimé un nouvel élan aux efforts de paix au Moyen-Orient.  L’espoir d’un règlement juste, durable et global du conflit israélo-palestinien qu’avaient fait naître les Accords d’Oslo de 1993, s’est graduellement estompé au fil des années, battu en brèche par la méfiance grandissante entre les parties, la tentation du fait accompli et de l’unilatéralisme.  Sur cette toile de fond, marquée par l’absence de toute avancée politique et diplomatique, se sont agrégés de nouveaux foyers de crise, la montée en force de l’extrémisme violent, les guerres civiles et régionales, avec leurs terribles bilans humains - plus de 500 000 morts en Syrie -, leurs cortèges d’horreurs et leurs défis humanitaires.  ‘’La situation actuelle sur le terrain n’est plus tenable’’, soulignait à juste titre le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient.

3- Manifestement, le processus de paix israélo-palestinien est dans l’impasse.  La solution des deux États parait de jour en jour plus menacée.  De surcroit, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak et la Libye, la région est en proie à une succession de crises, qui, par leur ampleur et leur gravité, ont pour effet d’éclipser le conflit israélo-palestinien et de faire perdre de vue la menace continue qu’il représente pour la paix dans le région et dans le monde.

4- La République d’Haïti, fidèle à la position cardinale qui a été constamment la sienne depuis 1947, réaffirme son soutien à un règlement juste, durable et global du conflit israélo-palestinien, estimant que la seule voie d’y parvenir réside dans une solution négociée avec deux États vivant en paix et en sécurité à l’intérieur de frontières internationales sûres, reconnues et garanties.  C’est pourquoi elle joint sa voix à toutes celles qui s’élèvent en faveur d’initiatives novatrices visant à replacer la question israélo-palestinienne au cœur des préoccupations internationales de manière à permettre un relance rapide des négociations dans l’esprit des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Madame la Présidente,

5- Cette séance spéciale a certes pour objet de mettre en relief l’enjeu fondamental de la paix et de la sécurité au Moyen-Orient pour l’ensemble de la communauté internationale.  Mais, elle pose aussi, du même coup, la question de la capacité de l’Organisation des Nations Unies - et, par conséquent, celle de la responsabilité du Conseil de sécurité, principal ‘’garant de la paix et de la sécurité internationales’’ - d’en assurer la préservation, singulièrement dans la région du Moyen-Orient.

6- En effet, c’est devenu presque un lieu commun d’évoquer le blocage du Conseil de sécurité, du fait notamment de l’utilisation abusive du droit de veto.  Cette paralysie est souvent perçue comme étant l’un des principaux obstacles institutionnels aux efforts internationaux de paix au Moyen-Orient.  On en a eu une illustration éclatante lors du récent débat au Conseil suite à l’utilisation de gaz chimiques contre des populations civiles en Syrie.  C’était une preuve supplémentaire - s’il en était encore besoin - de la nécessité de remédier à ce blocage récurrent, et d’apporter des solutions novatrices au mode de décision du Conseil, de manière à lui permettre de s’acquitter pleinement de la mission qui est la sienne : s’attaquer aux causes profondes des conflits, déceler les menaces potentielles et agir avec la célérité voulue lorsque les circonstances exigent une intervention urgente.

7- C’est dans cet esprit d’ailleurs que la République d’Haïti a apporté son soutien à la récente initiative française - dont le bien-fondé demeure incontestable -, qui visait à ‘’encadrer’’ le droit de veto, notamment en cas d’atrocités de masse.  Il nous faut ici saluer les démarches constantes du Liechtenstein et du Mexique en ce sens.  Car, il faut le souligner, au-delà du privilège qui s’y rattache, le veto implique avant tout pour ceux qui l’exercent un devoir et une responsabilité particulière à l’égard de la communauté internationale.

8- Dans le contexte explosif qui est aujourd’hui celui du Moyen-Orient, où les souffrances infligées aux populations civiles par l’extrémisme, le terrorisme et les guerres civiles atteignent une ampleur incommensurable, le Conseil ne peut se dérober à l’ardente obligation qui lui incombe de s’attaquer aux causes profondes des conflits qui, en Syrie, au Yémen, en Irak, déchirent la région, déciment des minorités religieuses et ethniques, menacent la paix et la sécurité internationales.  En ce qui concerne plus particulièrement le conflit israélo-palestinien, le temps est venu de reprendre l’initiative et de créer les conditions propices à une reprise des négociations entre les parties à la lumière des convergences qui se dégagent des résolutions pertinentes du Conseil ainsi que des démarches entreprises par diverses instances, dont le Quartet ou la récente Conférence de Paris sur le Moyen-Orient.  Le statu quo ne peut tenir lieu de solution.

9- Il est temps de faire revivre le processus de paix au Moyen-Orient.  Chacun doit prendre ses responsabilités.  Il revient en particulier à chaque État membre du Conseil de sécurité de s’élever au-dessus des partis pris et de transcender ses propres intérêts afin d’aider les parties en cause à reprendre le chemin des négociations et à progresser sur la voie d’une solution durable et globale sur la base d’un cadre mutuellement agréé.
Madame la Présidente,

10- La République d’Haïti a toujours condamné le recours à la guerre comme option de règlement des conflits.  Elle considère que, face au risque d’engrenage de la violence et d’embrasement généralisé, une recherche opiniâtre de la paix au Moyen-Orient s’impose.  La capacité du Conseil à jouer adéquatement son rôle d’ ‘’acteur irremplaçable’’ dans ce processus dépend étroitement de l’engagement individuel de chacun de ses membres à l’égard des idéaux de paix, de sécurité, de solidarité, de coopération et de développement sur lesquels s’est bâtie notre Organisation.

11- La réunion d’aujourd’hui peut être le signal d’un nouveau départ, susceptible d’inverser la ‘’dynamique destructrice’’ qui prévaut sur le terrain et d’enclencher un authentique processus de paix, fondé sur le droit, la justice, la sécurité et le respect mutuel au Moyen-Orient.  Puissions-nous saisir cette occasion !


Je vous remercie.

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