Haïti-Économie : La BRH annonce l’injection de 150 millions US sur le marché en début de l’année 2021

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La Banque de la République d'Haïti annonce une nouvelle injection de 150 millions de dollars américains sur le marché au cours des deux prochains mois. Ladite injection sera destinée notamment aux importations des produits de première nécessité, des matériaux de construction et des médicaments, précise le gouverneur de la banque centrale.
 
 
Jean Baden Dubois tient toutefois à souligner que  la BRH  à elle seule ne parviendra pas à la stabilité du taux de change. Selon lui, l'offre du dollar par rapport à la demande, les facteurs sociopolitiques, le déficit budgétaire, la spéculation tant dans le marché formel qu’informel, sont entre autres paramètres pouvant influencer le cours du change.
 
 
La stabilisstion de la monnaie locale semble être une préoccupation pour les autorités concernées. Après les différentes dispositions adoptées par le ministère du Commerce et de l'Industrie, c'est au tour du ministère de l'Economie et des Finances, de concert avec la Banque de la République d'Haïti d'annoncer, ce lundi, de nouvelles dispositions en cette période de fin d'année.
 
 
Les cadeaux de fin d'années doivent être très limités et la programmation mensuelle des dépenses compatible avec les recettes collectées par la douane et la DGI. Ce sont les deux principales mesures annoncées par le titulaire du MEF, Michel Patrick Boisvert. Cette disposition gouvernementale vise, selon M. Boisvert, à contenir les dépenses affectant les recettes à collecter au niveau de la Douane et la DGI.
 
 
Par ailleurs, le Grand argentier de la République s'est montré satisfait de la réduction à 21% du taux d'inflation constatée depuis le début de l'exercice en cours. Les différentes mesures mises en œuvre par le MEF, le MCI et la BRH cadrent avec l'objectif qui consiste à atteindre un taux d'inflation de 18,2% d'ici la fin de l'exercice 2020-2021, selon M. Boisvert.
 
 
La BRH n'est pas l'unique responsable du taux de change
 
« Le taux de change est une résultante. Il dépend d'un ensemble de facteurs dont des fondamentaux macroéconomiques », a rappelé d'entrée de jeu le gouverneur de la banque centrale, Jean Baden Dubois. « Nous sommes tous responsables du taux de change », a accusé M. Dubois, invitant les acteurs à assumer leurs responsabilités.
 
 
D'un autre côté, Jean Baden Dubois a avoué qu'une rareté du billet vert est effective sur le marché. Ce qui pourrait expliquer cette tendance à la hausse constatée depuis plusieurs semaines sur le marché des changes.
 
 
Pour expliquer cette rareté, le numéro un de la banque des banques a avancé au moins deux facteurs. D'abord, les commandes sont généralement en hausse en fin d'année, notamment au cours du mois d'octobre. Ensuite, la baisse de plus de 50% du taux de change dans les mois précédents avait provoqué une augmentation de la demande du dollar pour la consommation au niveau des ménages.
 
 
150 millions de dollars seront injectés dans les deux prochains mois
 
Le gouverneur de la Banque centrale a également annoncé l'injection de 150 millions de dollars sur le marché des changes, durant les mois de janvier et février 2021. Toutefois, M. Dubois reconnait que cet instrument ne peut, à lui seul, résoudre le problème d'instabilité au niveau de la circulation monétaire. Aux dires de M. Dubois, la priorité sera accordée à l'importation des produits pharmaceutiques et ceux de première nécessité, entre autres.
 
 
Il faut toutefois souligner un écart significatif au niveau des taux de change affichés par la banque centrale et pratiqué dans les banques commerciales ou sur le marché informel. Un dollar américain s'achète en moyenne à 66 gourdes dans les banques commerciales, alors que dans l'informel, le dollar vaut 80 gourdes.
 
 
GA/ HPN
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