Haïti-énergie : Pire chute de production à la Centrale électrique Simon Bolivar des Gonaïves

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La crise que traverse actuellement la compagnie "Électricité d'Haïti (Ed'H)" affecte la production du courant électrique à travers tout le pays quasiment au même rythme. Alors que dans certaines villes de Province, c'est le mouvement de protestation des employés mécontents contestant l'installation de Michel Présumé en tant que directeur de l'entreprise qui est à l'origine de ce rationnement si sévère, dans la cité de l'indépendance, les employés viennent à leur poste mais ne peuvent rien faire pour améliorer la qualité du service, a appris Haiti Press Network (HPN) mercredi de sources concordantes.

 

Malgré la puissance nominale maximale de 13,6 mégawatts dont dispose la centrale Simon Bolivar, opérationnelle depuis décembre 2008, elle produit approximativement 3 Mégawatts en cette période de crise. Sur 8 moteurs installés, seulement 4 sont fonctionnels dont deux sont utilisés afin d'alimenter une infime partie du centre-ville et parfois certains quartiers populaires, nous a confié Samuel Thélusma, responsable de communication au sein de l'institution. Selon lui, les deux autres moteurs fonctionnels ne sont pas utilisés faute d'avoir en quantité suffisante de l'huile que consomment ces derniers. "Avec quatre moteurs, nous aurions pu améliorer la distribution mais nous dépendons du bureau central qui tarde à nous faire parvenir ce dont nous avons besoin", a-t-il regretté.

 

Parallèlement, l'un des techniciens en charge de la réparation des moteurs ainsi que de la distribution du courant électrique dans les différents circuits, ayant requis l'anonymat, dépeint un tableau plus sombre de la situation. D'après son témoignage, la puissance produite actuellement se trouve entre 800 et 900 Kilowatts. Jamais la centrale thermique n'a connu une telle baisse de régime depuis sa mise en marche pour la première fois, il y a de cela plus de dix ans, a-t-il déclaré.

 

"Aux Gonaïves, les employés ne sont pas en grève et je n'ai constaté aucune forme de protestation dans la boite", a répondu un autre employé qui tentait de s'exprimer sur la position des syndicalistes notamment ceux qui se trouvent dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince contre l'arrivée du nouveau directeur général. Depuis quelques semaines, la plupart des travailleurs viennent au bureau mais nous ne faisons pratiquement rien à cause de la réduction forcée des tâches, a-t-il poursuivi.

 

Si la pénurie du mazout constituait la cause principale du blackout dans la cité de l'indépendance et dans les autres communes desservies par la centrale thermique Simon Bolivar dont Gros-Morne et Ennery, M Thelusma a précisé qu'il ne manquait pas de fioul en dépit de la rareté des produits pétroliers constatée ces derniers jours dans le pays, et en a profité pour qualifier la situation de paradoxale. Pour un retour à la normale, a-t-il dit, il va falloir que la direction centrale de l'Électricité d'Haïti (Ed'H) fournisse de manière régulière les moyens adéquats. Et si l'on souhaite rétablir un fonctionnement à plein régime, des travaux d'envergure sont nécessaires et cela nécessiterait un arrêt complet de l'usine pendant des semaines voire des mois.

 

Depuis quelques jours, la colère enfle contre les responsables de l'Ed'h. Les abonnés fréquentent de moins en moins le bureau commercial en vue d'acquitter leurs dettes malgré la campagne de sensibilisation lancée par la compagnie pour inciter consommateurs à payer les kilowattheures utilisés dans leurs domiciles ou leurs entreprises. Une tentative jusque-là infructueuse car les clients se tournent plutôt vers des sources d'énergie alternatives, ce qui représente un manque à gagner considérable pour l'Électricité d'Haïti.

 

 

Marvens Pierre

 

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