Haïti-Hausse des prix des carburants : Les premières grognes entre chauffeurs et passagers

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Déjà à Pétion-Ville, tôt ce lundi 15 mai, les palabres entre chauffeurs et passagers n’étaient pas des moindres après que ces derniers aient appris que le trajet Pétion-Ville/Centre-Ville, Petion-Ville/Thomassin et vice et versa passe de 15 à 20 gourdes. Les prises de bouches, les vexations, la colère et les frustrations ont été au rendez-vous, au point même pour certains d’en venir aux mains, constate un reporter de Haiti Press Network. 

Après environ une semaine de compromis avec les responsables des syndicats de transports publics, le gouvernement Moïse/Lafontant a annoncé dimanche, via un communiqué portant les signatures des ministres de l’Économie et des Finances et du Commerce et de l’Industrie, l’augmentation des prix des carburants sur le marché qui paraissait incontournable de l’avis de divers observateurs, notamment des économistes.

Aussi le prix de la Gazoline est-il fixé à 224 gourdes, soit une hausse de 20%, celui du Gasoil à 179 gourdes, soit une augmentation de 18,5% et celui du Kérosène fixé à 173 gourdes, soit une hausse de17%.

Une mesure impopulaire qui, selon cette note du ministère de l’Économie et des Finances et du Commerce et de l’Industrie, prend  effet sur tout le territoire national à partir de ce lundi 15 mai, où déjà les problèmes s’illustrent dans les rues entre conducteurs de transports publics et passagers, malgré que les nouveaux prix de différents circuits soient fixés par les autorités.   

Cette hausse des tarifs des carburants, croit plus d’un, va augmenter la misère des moins nantis, dont la situation socioéconomique délétère a déjà été très précaire.

A entendre de nombreux pères et mères de famille qui se plaignent en prenant la route de l’école avec leurs enfants avant de regagner leurs activités quotidiennes, cette mesure destinée à contribuer à remettre les finances publiques à flot, mettant ainsi plus de pression sur les poches, n’entend qu’à fragiliser l’inflation et plonger davantage la majorité dans la misère noire.

« Merci Jovenel pour cette mesure », lâche ironiquement de façon désolée une mère de famille en provenance de Pélerin 5 qui raconte s’être réveillée ce lundi matin avec seulement 55 gourdes pour emmener son fils à l’école et prendre le chemin du travail au Centre-ville.

De toute évidence, avec cette pression sans arrêt que le dollar exerce sur la gourde, engendrant ainsi une cherté de la vie sans précédent et la diminution vertigineuse du panier de la ménagère, la population prendra du temps pour s’adapter à ces nouveaux tarifs fixés par le gouvernement, alors que leur salaire reste intact ou réduit par le patron pour ceux qui ont un petit boulot.

Texte et photo : Alix Laroche

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